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Société Mycologique du Pays de Montbéliard - |
Porpoloma spinulosum (Kühn. & Romagn.) Singer
Introduction:
Le genre Porpoloma a été créé par Rolf Singer en 1952 (Sydowia vol 6 n°1-4) et est classé (Courtecuisse & Duheim, 1994. - Guide des champignons de France et d'Europe, p. 40-43) parmi l’ordre des Tricholomatales, famille Tricholomataceae, sous-famille Leucopaxilloideae, tribu Porpolomateae, genre Porpoloma, section Pogonoloma (M. Bon, 1992 - Les Tricholomes et ressemblants - flore mycologique d'Europe n°2 - Documents mycologiques mémoire hors série n°2) défini par les caractères suivants :
Silhouette tricholomoïde, généralement charnue, voile partiel absent, spores blanches, lisses et amyloïdes, cystides nulles sur les espèces européennes, pigment variable, épicutis banal ou subtrichodermique. Espèces bouclées.
Diagnose latine du genre Porpoloma :
Porpoloma Sing.
Pileo sicco, cuticula innate fibrillosa vel fibrillositate superficiali vel squamulis tomentoque obtecta; pigmento membranam hypharum cuticulae incrustante praesente vel absente; fibulis in hyphis carpophori semper praesentibus; lamellis constanter sinuatis vel emarginatis Tricholomatum modo, latiusculis vel latissimis; sporis in cumula albis; tramate hymenophorali regulari; subhymenio subintertexto, ex elementis subisodiametricis et filamentosis composite; stipite numquam excentrico, carnoso; habitu generali tricholomatoideo; ad humum et terram silvestrem sub Nothofagis.
Species typica : P. sejunctum Sing.
Macroscopie:
Silhouette de tricholome, charnu, un exemplaire était remarquablement gros (150 mm de diamètre). Chapeaux tourmentés ayant de brusques changements de formes. Tendance de l'espèce au jaunissement.
Chapeau d'un diamètre pouvant atteindre 150 mm, surface craquelée (surtout au disque), finement méchuleuse à la marge, ceci étant parfois faiblement discernable sur les jeunes exemplaires; ces mèches étant parfois dressées (nettement visible à la loupe). Centre du chapeau glabre. Cuticule sèche et non séparable.
Marge nettement enroulée, fortement costulée (sensu JOSSERAND) sur la majorité des exemplaires. Costulations jusqu'à 25 mm de longueur, de teinte plus foncée que le reste du chapeau au relief très net prolongées vers le disque par de fines méchules. Des méchules sont visibles entre les costulations. Teinte générale brune à gris-brun, ochracée à zones plus claires.
Lames jusqu'à 10 mm de largeur, blanches à crèmes, jaunissantes, peu serrées, fourchues à la marge (nettement visible sur le plus gros exemplaire) Présence de lamelles et lamellules. Arêtes entières, jaunissantes à brunissantes.
Stipe 80 (90) x 40 mm, plein, légèrement vrillé sur le plus gros exemplaire, brunâtre - jaunissant - ocracé mais blanc sous les lames et plus clair à la base. Pied finement sillonné, se traduisant sous la loupe par la présence de stries longitudinales plus foncées.
Chair du chapeau jusqu'à 15 mm, blanche, saveur douce. Odeur assez forte complexe de savonnette, shampooing, un peu farineuse, de girofle pour certains ou d'Inocybe bongardii pour d’autres. Chair du pied blanche à jaunissante vers la surface.
Microscopie: (Observations sur exsiccata au : Melzer, rouge Congo ammoniacal et KOH à 4%)
Sporée blanche. Spores 4,5-6,5 x 3,5-5 µm apicule compris, (mesures sur sporée au rouge Congo), obovales en vue de face et elliptiques en vue de profil, lisses, amyloïde.
Basides tétrasporiques, 25-45 x 5-10 µm hors stérigmate sur quelques basides mesurées, cylindro-clavées, bouclées. Quelques rares basides bisporiques observées présentant des tailles similaires aux 4-sporiques.
Pleurocystides non observées.
Poils d’arêtes peu nombreux sans être rares, 20-30 x 2-3,5 µm cylindriques à extrémité parfois étranglée, souvent pluri-étranglés sur la longueur, sinueux.
Poils du stipe peu nombreux sans être rares, 45-65 x 4-7 µm, cylindriques à extrémité étranglée, souvent pluri-étranglés sur la longueur.
Trame des lames régulière.
Epicutis constitué d’hyphes remarquablement parallèles au disque, aux extrémités parfois libres, bouclées, pouvant atteindre 9 µm de largeur ; à la marge, l’épicutis reste parallèle avec de nombreux bouquets d’hyphes de forme conique (fig. G).
Boucles certainement présentes partout bien que non observées au niveau des poils d’arêtes.
(Exsiccata N° DL9864).
Habitat et récolte:
Cette espèce rare pour notre secteur de prospection, a été récoltée par notre ami Jean-Pierre BREDILLOT le 20 septembre 1998, sur la route de PRESENTEVILLERS (Dépt. Doubs - 25 -), une quinzaine d'exemplaires sur une aire de repos, à proximité d'une souche autour d'un chêne. Isolés et parfois connés (sensu JOSSERAND). L’espèce n’a pu être déterminée macroscopiquement que par notre collègue Léon SLUPINSKI.
Bibliographie:
R. KÜhner & H. Romagnesi, 1984 (réédition) - Flore analytique des champignons supérieurs, p.149.
R. Courtecuisse, B. Duheim, 1994. - Guide des champignons de France et d'Europe, p. 1-480.
M. Moser, 1983 - Keys to Agarics and Boleti (traduction anglaise de : Die Röhrlinge und blätterpilze) p.144.
M. Bon, 1978 – Tricholomataceae de France et d’Europe occidentale (Leucopaxilloideae), Documents mycologiques 9 (33) : 1-79.
M. Bon, 1988 - Les champignons d ' Europe occidentale, p.162.
M. Bon, 1992 - Les Tricholomes et ressemblants (flore mycologique d'Europe n°2) - Documents mycologiques mémoire hors série n°2 - p.99
D. A. reid - "Farbige abbildungen von seltenen und interessanten pilzen" - Zeitschrift für Mykologie Band 34 (1) : 9-14
R. SINGER, 1952 - The Genus Porpoloma - Sydowia vol 6 n°1-4 : 197-201.
A. MARCHAND, 1986 - Champignons du Nord et du midi Tome 9, p. 68.
Z. de Izarra – Introduction à l’étude microscopique des champignons – Bulletin spécial n°5 de la Société mycologique du Poitou : 1-80