Qu’est – ce qu’un champignon ?
Un ensemble de plusieurs dizaines de milliers d’espèces situé entre les végétaux inférieurs, les algues, auxquelles ils seraient d’ailleurs apparentés, et les animaux inférieurs comme les Protozoaires. Il s’agit donc bien d’un règne à part, le 5 éme règne, au même titre que les animaux, les végétaux, les protistes et les protocaryotes.
Ce sont des Thallophytes dont l’appareil végétatif ou thalle, ne porte ni feuilles, ni racines, ni fleurs, et ne comporte pas de vaisseaux ligneux. Le caractère qui rapproche les champignons du règne animal, c’est la présence dans la membrane mycélienne, d’une substance : la chitine en quantité faible, 3 à 6 %, qui se trouve chez les animaux (insectes notamment).
Tandis que les végétaux verts fabriquent de la chlorophylle, dont le rôle est de décomposer l’acide carbonique de l’air, ou de l’eau, pour en retenir le carbone indispensable à leur croissance et à leur nutrition, les champignons quant à eux ne produisent pas de chlorophylle. Ils se trouvent donc dans l’incapacité d’assimiler directement le carbone minéral du milieu extérieur. Par conséquent, ils sont obligés d’emprunter le carbone à des substances où il existe déjà sous forme d’hydrates de carbones, ou glucides. Ils se comportent donc en menant une vie hétérotrophe, contrairement aux végétaux supérieurs qui sont autotrophes. Incapables de photosynthèse, ils ont adopté leur mode de vie afin de trouver dans leur environnement les matières organiques préformées nécessaires à leur croissance. Trois comportements répondent à ce souci :
Les champignons présentent certaines particularités qu’on ne retrouve pas (ou très rarement) chez les autres règnes parmi les êtres vivants : en premier lieu, la possibilité de reproduction asexuée ; en second lieu, la présence de sucres spéciaux (tréhalose, mannitol). Constitués à 80 % d’eau, ils possèdent une faible valeur nutritive : ils sont toutefois riches en matières azotées, albuminoïdes, hydrates de carbone.
Leur utilité est incontestable :
A l’inverse, les champignons peuvent s’avérer dangereux. On sait bien sûr que certaines espèces sont de redoutables toxiques, parfois mortelles. On sait moins en revanche que les champignons sont parfois les agents responsables de diverses maladies :
Les moisissures n’épargnent guère nos meilleurs aliments , les mucorales. Certaines espèces de champignons sont vraiment néfastes pour les arbres et les bois de construction. Ainsi parmi les Tricholomaceae, l’armillaire couleur de miel ou « souchette » (Armillariella miellea) s’attaque à presque toutes les espèces d’arbres vivants ou morts : le chêne, le noyer, ou le sapin attaqué périra infailliblement. Vis à vis du bois de construction, l’ennemi principal est le mérule domestique (meriulus lacrymans), qui a pour cible les charpentes ou encore les parquets des maisons. La pourriture qu’il provoque pénètre le bois en profondeur et peut être responsable de l’effondrement de charpentes entières. Il se présente sous la forme de larges plaques floconneuses, à croûte épaisse, charnue, spongieuse, de couleur jaune rouillée, avec seulement la marge blanche. Le traitement consiste à appliquer un mélange de chlorure de zinc, de bichromate de potassium et de sulfate de cuivre.
A part quelques éléments parasites malfaisants, les champignons, dans leur immense majorité, contribuent à l’équilibre de la nature. Il faut garder à l’esprit que les champignons sont liés à la flore et à la végétation phanérogamique, et surtout avec la nature des essences forestières de chaque contrée. L’influence de la nature du sol n’est pas toujours directe, mais n’est qu’une répercussion de son action sur la végétation forestière beaucoup plus intime à la constitution des mycorhizes qui jouent un rôle essentiel dans la nutrition des plantes qui en sont pourvues, non seulement des arbres, mais de bien d’autres plantes.
Nous ne nous attarderons pas ici sur le mode de reproduction du monde fongique en raison de sa complexité. On signalera que la partie végétative des champignons (invisible) est composée d’un ensemble de filaments très ténus appelés mycéliums (si on ose la comparaison avec le cerisier, le mycélium correspond à l’arbre lui – même). Ce mycélium, lorsque les conditions sont propices va donner naissance, qui à une amanite, qui à une morille, qui à un polypore. Cette partie visible (la cerise en reprenant notre comparaison) est appelée sporophore (on utilise aussi parfois le terme de carpophore). Elle comporte une partie fertile appelée hyménium et qui va produire les spores (le noyau de notre cerise), cette « graine » microscopique par germination va donner naissance à un mycélium primaire à un seul noyau, puis à un mycélium secondaire qui contient des cellules à 2 noyaux, lequel va donner naissance à un sporophore ( Il s’agit là d’un schéma simplifié à l’extrême du cycle de vie du champignon). Nous avons vu précédemment que la reproduction parmi le règne fongique pouvait être totalement asexuée. A contrario chez certaines espèces, dites « tétrapolaires » (chez les champignons on ne parle pas de sexe mais de polarité) il faut quatre spores de pôle différent pour que les mycéliums primaires se marient et donnent lieu à un mycélium fertile. Partant la reproduction de ces espèces est rendue très compliquée, et c’est sans doute là la raison pour laquelle les champignons produisent une quantité invraisemblable de spores. Enfin précisons que la partie fertile des champignons peut être externe (protégée de la pluie chez les espèces à chapeau, ou exposée aux éléments chez les clavaires ou chez les ascomycètes) ou interne (c’est le cas des gastéromycètes). La dispersion des spores s’effectuent selon plusieurs façons. Elles sont livrées au vent dans la plupart des cas, mais chez les phalacées, la dispersion des spores se fait grâce aux mouches qui ingérent le liquide nauséabond secrété par ces espèces, lequel contient les spores mûres, et les répandent dans leurs excréments. Les coprins quant à eux s’auto-digérent et fondent en encre, ce qui entraîne les spores dans le sol.
Hyménium
La saison des champignons se prolonge plus ou moins tard suivant les années ; les premières gelées en marquent la fin. Les mycéliums sont en effet très sensibles au froid qui arrête leur activité et s’oppose au développement des réceptacles. Evidemment, la résistance au froid varie selon les espèces : on peut apercevoir bien après les premières gelées, des espèces du genre pleurotus, lepista nuda (le pied-bleu), etc. …En outre ceci est valable pour nos régions alors que sous les climats doux et humides, on peut rencontrer des champignons toute l’année.
Parlons à présent des principaux éléments et articles qui constituent le sporophore, les lames, les tubes des bolets, et l’hyménium.
La forme morphologique, c’est à dire extérieure, paraît secondaire au regard de la complexité de l’organisation de sa structure. En effet, les organes essentiels, sont à l’échelle microscopique. Ce sont eux qui ont permis la classification de nombreuses espèces. Une remarque s’impose : c’est improprement que l’on utilise le mot « tissu ». Appliqué aux champignons, un « tissu » se forme par cloisonnements en tous sens. « Cellule » ? non plus, puisque les cellules sont d’un type particulier, elles peuvent en effet renfermer plusieurs noyaux. Alors disons que l’article fondamental des champignons est l’hyphe, sorte de filament cloisonné. Ces hyphes sont de plusieurs catégories suivant les espèces :
Hyphes
: en bas hyphe connective; en haut hyphe laticifère
Dans la famille des Russulacées, ce sont des cellules rondes appelées sphérocystes qui sont mêlées à des hyphes connexives grêles orientées en tous sens.
La cuticule du chapeau (c’est à dire la surface supère externe) se compose d’hyphes articulées entre-elles selon divers arrangements. On distingue ainsi :
L’hyménium, c’est à dire la partie fertile du champignon (les lames , les tubes …) se compose chez les « basidiomycètes » de basides, de forme généralement clavées, et portant à leur extrémités des stérigmates qui portent les spores (les basides comptent en majorité 4 stérigmates et produisent donc chacune 4 spores), et de cellules stériles appelées cystides. Ces dernières empruntent de très nombreuses formes et leur observation au microscope et parfois déterminante dans la détermination d’une espèce. Parmi les cystides, les unes ont une paroi épaisse et peuvent présenter à leur sommet des amas d’oxalate de calcium ; les autres ont une paroi mince, leur forme est variée : en bouteille, en forme de poire, en brosse …Les cystides ne se trouvent pas uniquement dans l’hymènium : elles sont présentes à la fois en haut du pied (on les appelle caulocystides), parfois même jusqu’en bas (chez les inocybes) ou encore sur le chapeau parmi les cellules de la cuticule (on parle alors de piléocystides ou dermatocystides).
évolution d'une baside
Différents
types de cystides
Chez les « ascomycètes », les éléments fertiles enfermant les spores se présentent généralement sous la forme d’un sac allongé appelé asque. Ceux-ci renferment bien souvent 8 spores. Ces asques, soit se déchirent à leur sommet pour laisser échapper leur spores, soit libèrent celles-ci grâce à l’ouverture d’un clapet ou opercule. Les éléments stériles de l’hyménium sont appelés paraphyses. Ce sont souvent des éléments allongés, grêles, cloisonnés ou non, cylindriques ou renflés à leur sommet.
ci-contre
à gauche 2 asques
ci-contre
paraphyses
Enfin, la spore est un petit corps microscopique qui permet la propagation de espèces (c’est au champignon ce qu’est le noyau au cerisier). Elle revêt beaucoup de formes différentes, mais pour la plupart des espèces elle est ronde, ovoïde, elliptique ou fusiforme. Sa taille est généralement comprise entre 4 et 20 microns. Une spore est constituée d’une masse de protoplasme contenant un ou plusieurs noyaux accompagnés de gouttes huileuses ou « guttules). Elle est tantôt lisse , tantôt ornementée de verrues, d’épines etc. …
différents type de spores
L’observation de la taille, de la forme et de la surface des spores d’une espèces sont de précieux caractères participant à la détermination ou à la confirmation microscopique d’une espèce.