Société Mycologique du Pays de Montbeliard - Bulletin n° 6 - 2000
Amanita echinocephala var. subbeillei (Neville & poumarat] traverso
INTRODUCTION
Cette espèce extrêmement rare sous nos latitudes, diffère du type par la coloration café au lait/noisette des lames. II se peut que ce soit la première récolte non méridionale en France. La présence d'un anneau membraneux permet de mettre de côté les épithètes strobliliformis et boudieri (qui possèdent un anneau crèmeux-fugace). Enfin, Ie rapport L/l des spores rend possible I'éviction de Amanita gracilior (qui possèdent des spores plus étroitement elliptiques avec un Q pouvant aller jusqu'a 1,8).
RECOLTE
Deux exemplaires récoltés sous Fagus Ie 14 octobre 1999 à Valentigney " Les Buis " [MEN 3522 B], alt. 400m. Le terrain est calcaire de type Kimméridgien inférieur, faciès séquanien. Le calcaire est ici crayeux, à strates mal définies [repère J7d].
MACROSCOPIE
Description des exemplaires récoltés – Voir planche macro et spores.
· Chapeaux à marge épaisse (90 et 65 mm de diamètre) convexes à aplanis, crème- ivoire chez I'exemplaire le plus jeune, gris perle chez le second. Surface recouverte de verrues coniques dressées plus ou moins concolores assez denses et hautes jusqu'à 15 mm. Marge légèrement débordante.
· Lames libres à sublibres, serrées, beige-isabelle à café au lait soutenu, brun argilacé, à brun chocolat quelques heures après la récolte (couleur persistant chez les exsiccata), larges jusqu'a 9 mm. Arête denticulée.
· Stipe robuste (90 x 30 et 80 x 30 mm), plein, concolore, strié au sommet, avec un bulbe radicant profondément enfoncé dans le sol. Plusieurs rangées d'écailles pyramidales sont présentes au-dessus du bulbe. L'anneau est ample, pendant.
· Chair épaisse, ivoire avec de vagues reflets incarnats plus évidents dans le stipe. Saveur douce, odeur désagréable.
MICROSCOPIE (étude à partir d'exsiccata personnels n0 4.23.1.1099) Milieu d'examen : H20, KOH a 4%, Rouge congo et Melzer.
Voir planches microscopie 1 (coupe et hyménium) et 2 (cutis et verrues)
· Spores 8,8 - 12 (12,8) x 6,4 - 8,8 µm, largement ovoïdes, à apicule net, hyalines, lisses, amyloides (examen sur sporée). Q = 1,2 - 1,6.
· Cheilocystides 19,2 - 80 x 12 - 24 µm, clavées à vésiculeuses, certaines longuement stipitées, d'autres ayant des excroissances. Pleurocystides non observées.
Bibliographie :
BAS C., 1969 – Morphology and subdivision of Amanita and monograph of its section Lepidella, Persoonia vol. 5 part 4., p. 285-588.
CETTO B., 1987 – I funghi dal vero vol.5 Art grafiche, saturnia, Trento, 723 p.
NEVILLE P ., POUMARAT S . , 1995 – Les taxons européens de la sous-section Solitariae Bas du genre Amanita Pers. Bulletin de la FAMM n° 7-8, p 44-58.
NEVILLE P., POUMARAT S., 1996 – Révision critique des taxons spécifiques et infraspécifiques de la sous-setion Solitariae Bas du genre Amanita Pers. En Europe et leurs extensions extra-européennes. Documents Mycologiques tome XXVI – 101, p. 1-87.