Tubaria romagnesiana Arnolds

Par Laurent GALLIOT

= Tubaria pellucida (Bull. : Fr.) Gillet ss. Auct., non Fr., non J.L. Lange

= Tubaria furfuracea (Pers. : Fr.) Gillet ss. Moser

Introduction

Cette espèce à déjà été récoltée lors de l’été 2002 dans la même station par l’auteur. Elle n’était pas encore signalée en Franche-Comté. Plus tard dans la saison (1er octobre) la station a produit davantage de basidiomes en 2003 (une vingtaine). Les exemplaires observés viennent en groupe parmi des débris ligneux et herbacés en bordure d’un chemin ombragé. Lieu : Valentigney « le Vernois » [25] MEN 3522 B, alt. 360 m.

Description macroscopique

Chapeau 13-28 mm de diamètre, hémisphérique à plan-convexe puis aplani, hygrophane, de brun orangé à brun fauve cannelle par le sec, ocre clair à beige par l’humidité, strié jusqu’à mi-rayon, lisse, plus foncé au centre, orné dans la jeunesse de résidus véliques blanchâtres disposés circulairement – margé crénelée, appendiculée des restes véliques.

Lames peu serrées (L = 16-23) larges, adnées, beige à brun cannelle, entremêlées de lamelles et lamellules à arête plutôt entière.

Stipe 14-37 x 1,5-3,5 mm, cylindrique, parfois évasé au sommet ou encore légèrement épaissi vers la base, souvent coudé, flexueux, poudré sous les lames, +/- concolore, beige à ocre clair, plein puis fistuleux, orné de fibrilles plus claires, parfois feutré à la base.

Chair beige à ocre beige pâle, ténue – odeur non remarquable – saveur légèrement amarescente.

Description microscopique

Spores 6,5-8,5 (9) x 3,8-4,8 (5) µm jaunâtre pâle, elliptiques à cylindro-ellpitiques – Q = 1,45 – 1 ,9 µm 

Basides 24-29 x 7-9 µm, tétrasporiques, clavées, bouclées.

Cheilocystides 30-85 x 4-13 µm cylindriques à cylindro-lagéniformes, souvent sinueuses, partiellement capitées, à tête large de 6 à 10 µm.

Suprapellis constitué d’hyphes couchées parallèles larges de 4 à 11 µm à pigmentation brun ocracé, en partie incrustées

Commentaires

Ce taxon se place au sein de la section TUBARIA au voisinage immédiat de Tubaria furfuracea (Pers. : Fr.) Gillet. A l’instar de notre espèce, ce dernier montre des résidus véliques disposés concentriquement sur le chapeau et aussi appendiculant la marge. Cependant les spores de T. romagnesiana sont plus courtes que celle de T. furfuracea ainsi que de tous les taxons de la stirpe Furfuraceus. En effet T. romagnesiana est la seule espèce de ce groupe dont les spores sont de longueur inférieure à 9 µm.

La largeur des hyphes de la trame des lames  semble également constituer un caractère discriminant pour séparer T. romagnesiana de ses voisins au sein de la stirpe Furfuraceus. Parmi elle l’espèce faisant l’objet de cet article présente des hyphes d’une largeur comprise entre 5 et 10 µm et exceptionnellement atteignant 15 µm, tandis que chez T. furfuracea, les mêmes hyphes peuvent avoir une largeur de 20 µm.

Ces différences ont été observées à l’occasion des récoltes de Valentigney, tant en 2002 qu’en 2003. Partant nous ne pouvons nous résoudre à admettre une synonymie entre Tubaria romagnesiana arnolds et Tubaria furfuracea (Pers. : Fr.) Gillet en opposition avec certains auteurs, notamment Ludwig (2001).

Bibliographie

BON M., 1992 – clé monographique des espèces galéro-naucoroïdes, Doc. Mycol. 21 (84) : 57.

Breitenbach J., Kränzlin F., 1995 – Champignons de Suisse, tome IV : 358-359.

Ludwig E., 2001 – Pilzkompendium : 683.

Arnolds E., 1982 : Bibl. Mycoth. 90 : 460.

Ricken A., 1915 – dei Blätterpilze : 221.

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