Lactarius flexuosus (Pers. :
Fr.) S.F Gray var. flexuosus
Diagnose originale :
A lactifl. Flexuosus : gregarious flexuosus, pileo lato umbilicato incarnato-vitellino obsolete zonato, stipite brevissimo albido.
Synonymie :
Lactarius flexuosus Pers. : Fr.
Lactaria flexuosa (Fr. : Fr.) Schröter
Lactarius constans (J.E Lange) Rom.
3 exemplaires récoltés à Lougres [25] MEN 3522 B, alt. 400 m. sous Bouleaux (Betula pendula Roth) et pins (Pinus sylvestris L.). Le terrain est calcaire mais décalcifié en surface et par conséquent acide. L’acidité du terrain est attestée par la présence non loin de vaccinum et d’espèces acidophiles telles que Rozites caperatus (Pers. : Fr.) Karsten ou encore Amanita gemmata (Paulet) Bertillon.
ðChapeau 56-85 mm de diamètre, convexe à déprimé. Marge enroulée, nettement flexueuse. Revêtement brillant, gris brun rosâtre nuancé de violacé, parcouru de plusieurs zones concentriques avortées, plus ou moins craquelé à guttulé par endroit.
ðLames assez serrées, arquées-adnées, entremêlées de lamelles et lamellules, parfois anastomosées à l’insertion du stipe, fourchues, crème à ocre carné.
ðStipe 40-50 X 12-27 mm, robuste, atténué en bas, légèrement coudé, plein puis farci, orné de très rares guttules, pruineux au sommet sur fond ocre gris carné pâle, devenant fauve ocracé par le bas.
ðChair épaisse, relativement compacte, blanchâtre, plus ou moins gris carné dans le stipe où elle est davantage cassante, à odeur légèrement fruitée plutôt agréable. Saveur relativement peu âcre, mais désagréable. Lait blanc et très âcre tachant les lames en gris isabelle peu évident.
III Microscopie
Spores 6,8-8,4 X 5,8-6,8 (7,2) µm, largement ovoïdes, ornées de verrues obtuses reliées entre elles par de fines crêtes constituant un réseau assez lâche.
Basides 38-47,8 X 8-9 µm, tétrasporiques.
Cheilocystides 37-72 X 6-9 µm, nombreuses, subfusiformes à acuminées, ou encore plus ou moins cylindriques et atténuées au sommet. Pleurocystides 56-88 X 7-10,5 µm, similaires aux cheilocystides mais davantage acuminées.
Cutis composé d’hyphes cylindriques X 3-5,5 µm couchées-parallèles à pigmentation incrustante diffuse. Présence de quelques rares articles terminaux émergeants par endroit. Boucles nulles.
Ce lactaire de la stirpe circellatus se caractérise par sa marge nettement lobée, des tons brun violacé carné, un habitus robuste et un lait immuable à l’air. Les tons observés chez les exemplaires de Lougres, ainsi que l’espacement et la couleur des lames correspondent aux descriptions de la littérature. Toutefois le changement de couleur des lames et de la chair au contact du lait (gris isabelle pour les exemplaires récoltés par l’auteur) est différent de ce qui est signalé dans les descriptions des auteurs en ce qu’il n’apparaissait pas de nuance verdâtre - cette légère discordance ne permettant pas toutefois de remettre en cause la sanction par l’épithète flexuosus.
Ce taxon a pendant longtemps été confondu avec Lact. Roseozonatus (V. post) Fr. dont les tonalités plus pâles (chapeau nettement zoné et davantage carné) et les lames moins serrées constituent les différences essentielles avec Lact. Flexuosus.
Certains auteurs : Neuhoff (1956), Marchand (1980) ont admis une synonymie entre Lactarius flexuosus (Pers. : Fr.) S.F Gray et Lactarius roseozonatus (V. post). D’autres au contraire ont séparé les deux taxons : Kühner & Romagnesi (1953), Malençon (1980), mais souvent à partir de descriptions ou d’icônes empruntés à d’autres auteurs dans la mesure où ils ont traité séparément de L. flexuosus ou de L. roseozonatus sans avoir vu les deux espèces. On comprendra donc la confusion qui a pu exister.
Plus proche de nous, Courtecuisse & Duhem (1994) séparent les deux espèces tout comme Bidaud (1995) qui, dans un article de très bonne facture présente deux bons clichés de ces lactaires. Ce dernier préconise d’ailleurs au regard de la concordance des aspects microscopiques et suivant par là E. Fries (1874), de placer L. roseozonatus à un rang infra-spécifique étant donné que L. flexuosus a été décrit antérieurement. C’est à cette proposition que s’est rangée M.T Basso (1999) dans sa remarquable monographie du genre.
Au total, même si les positions des auteurs à l’endroit de ces deux taxons divergent il en ressort que la tendance actuelle est bien de suivre la position de Fries et de placer L. roseozonatus au rang infra spécifique de L. flexuosus. L’auteur dans cet article se rallie à la sagesse de M.T Basso et A. Bidaud en nommant sa récolte Lactarius flexuosus var. flexuosus.
Fries E.m.., 1874 –Hymenomycetes Europaei – Upsaliae.
Kühner R. & Romagnesi H., 1953 – Flore Analytique des Champignons Supérieurs – Paris.
Lange J.E., 1935-1940 – Flora Agaricina Danica – Copenhague.
Neuhoff W., 1956 – Die Michlingue (Lactarii)Badheilbrurme.
Bon M., 1980 – Clé monographique du genre Lactarius – Doc. Mycol. X (40) : 1-85.
Clemençon H., Cattin S., Ciana D., Morier-Genoud R. & Scheibler G., 1980 – Les quatres saisons des champignons – I- Lausanne.
Marchand A., 1980 – Champignons du Nord et du Midi, vol. 6 – Perpignan.
Bon M., 1988 – Champignons de France et d’Europe occidentale : 1-368.
Courtecuisse R. & Duhem B., 1994 – Guide des champignons de France et d’Europe : 1-476 – Lausanne.
Bidaud A., 1995 – Bull. Féd. Mycol. Dauph. Savoie 139 : 7-10.
Basso M.T., 1999 – Lactarius Pers., Fungi Europaei vol. 7 : 1-845 – Alessio.

A : Exemplaires récoltés
B : Coupe d’un basidiome
C : Spores X 2000
D : Cheilocystides X 1000
E : Pleurocystides X 1000